7 oct. 2008

Les Anges ont faim

Je ne veux pas les couleurs
Pas les croyances, pas l’autre
Boire la terre
Boire la terre indifférente
Je ne veux pas la terre
Pas la terre
Les amas, les sculptures d’os
Des fleuves de sang coulent
Jusque moi et je ne peux
T’oublier

Je ne veux pas la peau
Pas de sens, pas moi
Croire les rêves
Croire les rêves insouciants
Je ne veux pas des rêves
Pas les rêves
Des miroirs brisés entament
Fragiles, fragile ma joue
S’écaille et coule le bleu tout
Contre toi
Je ne veux pas le temps
Pas de volets, pas toi
Fermer les paupières
Fermer les paupières déliées
Je ne veux pas les paupières
Pas les paupières
Des tempêtes lissées courent
Tendues, tendu le sein
Brûlent nouées nos estomacs
Mutilés

3 oct. 2008

Chloe, de l'épuisement des choix

Comme passées de la matière à l'ombre
Disparues comme séparées du regard, des fleuves glissants des pierres
Evacuées
Un verbe suffit – d'avoir fait

Nos intermédiaires – maintenant longues chevelures
Fourchent – et principalement
Nos mains s'airent
Seules
Et Pareilles
Pareilles et seules
Reviendrons-nous en mars ?


[octobre 2006-octobre 2008]

28 sept. 2008

Entre nous

1-
Je prends le chemin faisant et défaisant les contraintes
Il s'agit d'une série de mesures - un espacement
Ah! les belles intentions!
Je suis la somme de ce qui vient à moi
Je me concentre pas à pas ;
entre chaque, l'espacement choisi en chemin
se calcule à l'oeil nu comme la grande manifestation d'un concours hippique

2-
L'autre jour dans son état d'avancement
Et précisément ce jour-là
Quelque chose est tombé
Le jour à ce point différent
S'est arrêté.
Ce n'est pas qu'il diminuait
J'aurais pu - même - couvrir mes yeux
Mais précisément ce jour-là, j'ai choisi de les agrandir

Les, yeux jour, terrictoires communs
Ont pris une importance
On pourrait bien lire matériel indifférencié
Pourtant ce jour porte à l'intérieur c'est à dire grammaticalement
L'image photographique

Départ en suites

1-
Il y a toute cette poussière d’après toi
Ces rangs, ces rangs d’heures percées de lèvres
Qui ne disent pas

Les rubans rangés dans les sacs de mots
De plomb sur les toits et les facades
Le ciel glisse de mes mains

Court, s’arrête, court, s’arrête
Jaillissant,
Quelques larmes d’après toi


2-
Il y a au bout d'une rue
Au bout d'un parc
Une grille
Et devant toi
L'enfant
Qui joue avec les yeux
- Le fer ne se défait pas -
Et l'enfant croît
Par-dessus les parcelles
Qu'offre la grille
Au bout du parc au bout de la rue
Devant toi

3-

Principalement
Ce que l'on défait l'ornière cisaillée de piques
Où s'airent des peaux suspendues là
Aux noeuds d'une main
Austères les troncs les racines dans l'œil
Couper court l'aimée – libérée
Amère la tige mâchée son privilège
Taire le mystère

4-

Les alentours, ce que l'on perçoit
dans le mouvement lent-e-ment
comme absorbés des cheveux
des grains de visages clarsemés là
et des sillons dents qui mâchent
devant un papier froissé qui
se froisse, crisse comme un cri
des fruits qui se hâtent, poudres
et des cités
Noir l'appel
Noir dure
Regards attardés
Des grues les jambes croisées
sur un décolleté de ciel
bas et - lent -
avancent, avancent à dos
un appel
Des grappes de fleurs au milieu de petites boîtes magnétiques,
un enfant caressé court par delà
Un cil tombe,
s'évapore dans un bruit de pages tournées.

5-
Tu es minha saudade
Meu teatro da alma
Você não é nenhum desses
Le mensonge vrai avant la parole
Une douleur - non – ma douleur – pas –
Par delà soi
Diga me que eu não sou
Et mes retards, ce que je ne regrette pas
Diga me, ma lumineuse
Sans aucune pareille et -seule -
A quelle distance ?
.............Ma langue ! Oh, minha improvavel mãe,
Furieuse in-tranquille de n'être vraiment Une !
Que t'ai-je déjà pris mãe,
Que puis-je rendre au silence arqué,
Teatro da alma, minha saudade ?

5 sept. 2008

Droit

Redresse-toi dans ta singularité
Redresse-toi, tu es ce qui nous fonde
Ta part de chemin – tienne
Et la poussière – pierre que tu soulèves, sont

Reconnaissables
A d'autres – avec d'autres nerfs – les nôtres

Reprends la parole, rends-la
Supporte !
C'est-à-dire au dessus de ceux qui te délestent
Ceux-même des vivants

Rends la mémoire – leur
Tu es de peu – ON, n'aime pas ce qui déborde- d'eux
Alors déverse – clair
Bien plus que des mots

18 août 2008

Opéra (3)

[ les morts ont tous la même peau]
Boris Vian

Sur les marches, jamais nous ne prévoyons le regard,
C'est à dire que l'on se croise d'abord avec les pieds.
La dispense d'hauteur - longue comme nos chevelures
et nos corps marqués de nuit
donnent à nos distances - - l'eau claire et droite d'un baiser

Ainsi puis-je te rendre l'image
cerclée de deux.



(réécriture d'un texte original de Chloe Danthes)

16 août 2008

L'absente


S’éloigner, incapable d’imaginer le prolongement des jours,
L’ombre courte du sable à la vague, de la vague au sable.
Quelque chose qui ne change pas.

Vers l’intérieur c'est-à-dire ce qui est avant ;
Les pierres mêlées aux clôtures métalliques
Sont tes espaces blanchis de trop de lumière

S’éloigner de n’être que l’impossible débordé d’un regard,
Poussière calquée d’os de mémoire quand,
Au point du jour, tes mains se nouent.