1 nov. 2008

Le point de vue de Harey


Harey regarde Le retour de la chasse de Brueghel Harey fabrique un souvenir
C'est une trans figuration
Harey et le vide livrée intacte des mondes des portes de la disparition qu'elle absorbe
Harey revient Harey est vraie Harey respire Harey transperce
sans clé
un manque de lumière
avec son sang
alors
Harey regarde le retour de la chasse de Brueghel comme la conscience d'Harey
ce qui se regarde regarde soi d'abord
viens par là
dedans-moi

Dans

J’ai nourri mille feux jusque l’épuisement. Cela revient comme sur le quai d’une gare – Grandes Lignes - J’ai déjà écrit cela.
Les petites boîtes ont éclaté de tant d’air rentré à l’intérieur –
C’est ce mot là qui devait venir – t’en souviens-tu ? intérieur – dans -
Quand on finit d’appartenir, de garder pour soi, quand , quand. Et quelle mesure ?

J’ai soufflé les limites de ta disparition.

Comment rendre ?
Quand la peau a vieilli un peu plus - Quand ? Et dans quelle mesure ?Dans.

C’est ce mot là qui devait venir – t’en souviens-tu ?
Le mot, le même
Et toi qui a éclaté de tant d’air rentré à l’intérieur - dans -
autour de nous

Nous s'espace lentement

A Claude Mouchard

Nous vivons au grand jour
au grand jour non- confiants des nuits,
sous lampadaires sans rosée qui ne se pose
Nuit écrasée d'un seul souffle !
A la lueur plus rien ne se devine
tout s’écrase sans caresse
sans caresse – nous ravalé d’un Je – tu et moi –
L’autre montré par trop de lumière
nuit ce Nous écrase Je
qui seulement se peut voir
Noé, Nous noués à la tétée.
Ronds roulons sur les périphériques
L’autre à quai, qu’il y reste
Loin – loin de nos yeux – mille et
Rien
Renvoyés !
Des mots,
coupés, avalés, répétés en Prières
répétés en prières
prière de se taire !
Des mots que Nous écrase
écrase un JE qui se tend
sans mains dans les débris, bois, tôles, nos chairs
Prière de bien faire le tri.

De l'épuisement des choix

[J'ai retrouvé dans notre cabane en bois un peu de la soie de nos transformations]

Plus tard - nous avons grandi cet espace
de la distance de nos mains -plus grande que nos errances, nos déchirures
entourées, poussées hors-de-soi -

Nous nous sommes manqués.

Lors - quand nous levons les yeux à hauteur des genêts -
nous mesurons l'illusion, racines à ras-de-terre -
A l'intervalle - nous croyons -images sans lèvres où s'aère
une prophétie à l'abandon

L'oeil simplement revenu à soi.

Dolmen

[Que je sois dans cette plaine ceinte de pierres, que ces pierres soient là ne revêt aucun mystère.]

Ces pierres me regardent
Elles me regardent moi
Un emprunt de regard
Je ne regarde pas la mer
Non, pas la mer !
Je regarde les pierres
Ces pierres me ramènent à la plaine
Nous – les pierres et moi – sommes pleines
Reconnaissantes
Dressées
Couchées
Confondues
Enfin.

Le Corps du Christ

La maille rompue sourde l’oubli
Il y a que la chair se fend en dévoisement
.......................................chair
........sourde
........................maille
.....................................................DEVOISEMENT
..............................................Silence
.................rompue
L’oubli
Pourtant
La quinte du loup règle le milieu
Et si l’aria s’apaiseA la fin
Rien ne fut jamais entamé

7 oct. 2008

Noir

La terre est noire
Noire la lumière
Et tes yeux
La terre est noire
Noir est le temps
Immobile
La terre est noire
Noire est l’attente
Temps
Noir
Tes yeux
Noirs
La terre est noire noire la lumière et tes yeux la terre est noire noir est le temps immobile la terre est noire noire est l’attente temps noir tes yeux noirs
qui ne durent.